sans-titre

La ville de Crowstone s'éveillait lentement, il retentissait déjà les klaxons des gens qui partaient au travail. C'était

le début d'une journée normale où la météo prévoyait un ciel clément.

Dans le bus Nelly, n'en pouvait plus de stresser à chaque feux rouges et de se dire qu'elle n'arriverait jamais à l'heure. Au bout de ce qui lui avait semblé une éternité le bus s'arrêta à la bonne station. Elle seule y descendit, car cet arrêt était celui que l'on empruntait pour se rendre au grand quartier de l'Ordre où tous les sièges de police étaient assemblés. Il faut dire qu'à part les gens d'entretiens, tous ceux qui y travaillaient, avaient de quoi éviter les transports en commun.

Elle traversa l'avenue au pas de course, demanda plusieurs foie son chemin et atterrit enfin dans ce qui semblait être un hall d'accueil. Le gardien la héla et lui demanda avec brutalité ce qu'elle faisait là, 

prise de panique, elle mit un moment à trouver ses papiers dans le capharnaüm de son sac, alors que l'homme s'impatientait, elle brandit enfin le laissez- passer que l'administration lui avait envoyée trois jours plus tôt en même temps que son ordre d'entretien. Il vérifia puis lui rendit le papier en lui faisant signe de s'en aller. Elle eut la présence d'esprit de lui demander où se trouvait le bureau du commissaire principal de la section criminelle. L'homme la toisa puis daigna la conduire devant la porte où était  gravé "commissaire divisionnaire M.Brethwood. Elle s'approcha timidement de la grande porte,  le gardien avait regagné son bureau à l'entrée, elle le vit sortir un magazine puis elle toqua à petits coups redoublés, une voix de stentor lui ordonna d'entrer. Nelly poussa la porte doucement et se retrouva face à face avec un homme de haute stature, dans un costard bleu marine, la quarantaine passée. Il lui serra la main et lui intima de prendre un siège, lui, fit le tour du bureau gigantesque, s'installa dans un fauteuil tout aussi grand. Il croisa les mains sur son ventre qu'il avait plutôt rebondi. Son visage bien que quelconque reflétait son autorité, il portait une coupe sévère, des lunettes à monture en écaille et une moustache épaisse de la couleur de la cendre. D'une voix grave et sérieuse, il commença:

"Mademoiselle la stagiaire je suppose?

-Oui Monsieur, bégaya t'elle.

- Je suis Monsieur Brethwood le commissaire principal de cette section. Crût-il bon d'ajouter. Et vous êtes Melle Nelly Allechaw, j'ai eu à votre attention une lettre de recommandation, celle de votre père, c'était un vieil ami, que je n'ai pas eu l'occasion de revoir depuis ce fâcheux accident, d'ailleurs comment va t'il?

- Euh...Il est...Elle baissa les yeux avant de murmurer, mort, il est mort.

- Oh, toutes mes condoléances, ce vieux renard n'était plus de la première fraicheur.

Nelly tiqua sur cette phrase indécente, quel grossier personnage! pensa t'elle mais elle ne releva pas, seuls ses sourcils arqués montrait son indignation.

-Comme ça, vous voulez entrer dans la police? p

Pas le moins du monde gêner par la soudaine hostilité de la jeune femme.

-Oui, hésita-t-elle à répondre.

-Vous aurez les épaules?

-C'est ce que je veux faire.

-Bien, bien allez mon petit, on va vous trouver un mentor.

Il contourna le bureau, l'a prenant par le coude il l'emmena dans une annexe, après un long couloir il débouchèrent dans ce qui semblait être une salle de bureaux. Plusieurs hommes y travaillaient.

"terrains ou bureaux? demanda soudainement M.Brethwood.

-Pardon? répondit-elle désappointée.

-Oui, vous voulez travailler sur le terrain ou dans les bureaux?

-Ah, euh...Terrain...

- Pas bien marrant pour un petit bout de femme comme vous, même si vous êtes du sang de ce vieux Allechaw.

-Je ne doute pas de ce que je veux faire.

-De la détermination bien! Il lui posa une main sur l'épaule, enfin si vous avez un souci, n'hésitez pas à venir me voir!

-Bien, merci Monsieur.

Il lui passa affectueusement une main sur la joue et dit:

"vous lui ressemblez...à votre père, le même regard... Le masque d'autorité pendant un instant se fissura. Comment est-il mort?

-Son cœur était malade, il a voulu arrêter un fuyard et son cœur à lâcher.

-Enfin ça devait finir par lui arriver, à courir comme ça après le danger, à son âge! Regardez moi c'est à peine si je mets les pieds dehors!

Elle acquiesça, elle aussi elle aurait aimée que son père se garde en bonne santé plutôt que de donner sa vie à son boulot. Mais elle le savait, au fond d 'elle-même qu'elle ferait pareil, ce n'était pas pour rien qu'elle avait eu son diplôme à l'école de police.

M.Brethwood  lui pressa l'épaule:

-Bon nous allons donc dans la section des inspecteurs, leurs but, atteindre le 0% de crimes ou vols et autre délits par mois. i

Ils arrivèrent devant une porte vitrée et fumée, à l'intérieur des personnes riaient. Il entra sans frapper, le silence se fit, la salle ressemblait à un champs de foire, tellement qu'il y avait de désordre. Nelly resta transie sur le pas de la porte.

-Allons, avancez mon petit!, demanda M.Brethwood, avec au visage un sourire débonnaire.

N'ayez pas peur, ils ne vont pas vous manger. Continua t'il.

Un homme grand et blond très séduisant eu un petit rictus aux lèvres, il l'a détailla de la tête au pied puis se tournant vers un collègue, il dit:

-Pas assez de poitrine, un air gauche et négligé, c'est pas une poulette pour moi, ça, tu trouves pas Dyck?

L'autre plus intéressé par l'écran de son ordinateur, où il jouait au solitaire, qu'à la nouvelle venue, grogna en jetant un coup d'œil rapide à la fille comme à Peter le grand blond, puis il reprit sa partie.

Le commissaire leurs lança un regard emplit de reproche, non qu'il trouvait la remarque de Peter grotesque, mais plus parce qu'il voyait un problème venir, celle de caser sa stagiaire avec un partenaire or personne dans son personnel ne désirait s'encombrer d'une débutante fraîchement sortie de l'école. C'est donc avec un soupir contrit qu'il lança:

-Alors qui veut bien s'en occuper?

Un grand silence suivit. Une femme qui devait être dans la trentaine passée, au cheveux flashi  violet, du nom de Léa, secoua la tête en signe de dénégation. Le commissaire soupira et tourna la tête vers un type à lunette verte caché derrière une montagne de dossier, celui-ci leva à peine la tête pour dire:

-Désolé boss, j'ai déjà un bleu. Il désigna un jeune homme de type mexicain qui essayait de faire des photocopies. Puis il ajouta: Tous le monde ici est pris, avec une stagiaire en plus, c'est bien plus dur, il n'y a que Black eyes, Monsieur...

Nelly regarda dans la direction qu'avaient prises les pupilles rétrécies du gros bonhomme, c'était le seul endroit de la pièce où rien ne traînait. On ne le voyait pas de la porte d'entrée, celui-ci était protégé par une lourde armoire noire. La jeune femme suivit le gros commissaire dans l'enclavement. Constitué d'un très large bureau, plus imposant que celui de M.Brethwood lui même. Derrière lui se trouvait un homme assis dans un antique fauteuil à dossier relevé de style Louis XVI. Derrière eux il y avait une large baie vitrée, des plantes décoratives agrémentaient le tout. L'homme se tenait bien droit dans la pose d'un PDG, ses deux grandes mains gantées, tapaient sur le clavier d'un ordinateur dernier cri à une vitesse hallucinante. c'était le personnage le plus étrange que la jeune femme avait vu de sa vie. Il portait des lunettes noires et un chapeau, un costard très bien coupé, rien n'indiquait qu'il fut le subalterne de qui que ce soit. Il fumait, de longues cigarettes blanches, qu'il écrasait nonchalamment dans un cendrier en cristal ouvragé.

Le commissaire l'interpella:

-Black tu t'en charges! Tous les autres émirent un petit ricanement. L'intéressé releva la tête et l'hocha avec lenteur, en signe d'assentiment.

Alors le commissaire soulagé, dit d'un ton posé:

-Black on fume pas dans les bureaux!

L'autre ne broncha pas, et n'arrêta pas pour autant. Le commissaire n'insista pas, il avait l'habitude. Nelly ressentit avec encore plus de force, que le plus supérieur des deux hommes n'était pas celui qui était sensé l'être. Puis le commissaire retourna à son bureau, tout en aboyant des ordres et en faisant des remarques.

 

 

                                                                        ***

 

Je restais pétrifiée, je ne savais trop quoi faire, quand je m'approcha du bureau, Black tapait toujours son clavier avec une main, l'autre travaillant de la souris avec une dextérité irréelle.

Puis il écrasa son mégot, jeta le contenu du cendrier dans une corbeille, il se leva, pris son manteau noir, il alla à la fenêtre et l'ouvrit. C'est alors qu'il prit le chemin de la porte d'entrée d'un pas décidé. Je crus un instant qu'il m'avait oubliée mais il me fit signe de le suivre.

Je me précipitais maladroitement à sa suite, traversant le reste de la pièce sous les regards abasourdis de ses collègues. Lorsque nous arrivâmes dehors, je voulus me présenter, il me fit signe de me taire, et dit d'une voix mélodieuse et grave:

-Nelly Allechaw, vous êtes née un 24 janvier de l'année2029 à Mirrawbellow, vous avez fait une scolarité sans encombre avec une famille unie, un peu ternie par les absences d'un père policier, de brillantes études, un diplôme; pour entrer dans les forces de l'Ordre, c'est cela?

-Euh...oui.  réussis-je à lui répondre en bégayant.

-Ne soyez pas étonnée, je me suis informé. Je connaissais votre père, il m'a beaucoup parlé de vous, j'ai même reçu une lettre un peu avant sa mort où il me demandait expressément de  m'occuper de votre formation et...de votre protection. Vous semblez surprise, mais j'avais beaucoup d'estime pour votre père car nous avions quelques affaires en commun. Je lui dois d'être toujours là.

Il me tendit alors la dite missive, je la pris gauchement, mes mains tremblaient, il me souhaita alors toutes ses condoléances, je crus à ce moment là que mon père lui avait peut être sauvé la vie, ou que c'est lui qui avait assuré sa formation, car mon nouveau mentor me semblait très jeune.

La lettre était bien écrite de la main de mon père, je reconnus aisément la chère écriture. Je sentis des picotements dans mes yeux, une larme faillit trahir mon émoi, je me sentis inexplicablement perdue et c'est sa main qui me ramena à la réalité, il l'a posa sur mon avant-bras et dis:

-Allons, nous avons du boulot sur la planche, un crime dans le 17ème...

-...dans le 17ème? bégayais-je.

Il ne répondit pas mais je lui emboitais le pas. il s'approcha du parking et se dirigea vers le fond, dans un renfoncement se tenait une Ferrari krypto noire dernier modèle de la marque en édition limitée. Il appuya sans plus de cérémonie sur la clé, et la voiture s'illumina. Il ouvrit la portière et s'assit gracieusement, sans un geste inutile. Je le contemplais, béatement lorsque son regard exaspéré me fit redescendre dans l'instant présent. Il m'avait ouvert la portière, je m'installais à l'intérieur du siège de cuir rouge sans élégance. Je réussis à m'attacher tant bien que mal. Une foi installée, je commençais:

-Je suis désolée mais tout ceci est tellement...

Il ne me laissa pas finir et déclara avec un ton d'excuse:

-Je comprends vous vous posez certainement bien des questions, n'est ce pas?

je hochais la tête et il continua:

-

 

  

 à suivre

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