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Journal d’un homme…
«Je ne suis pas une créature surnaturelle, si vous voulez tout savoir, Monsieur…Non je ne suis pas un vampire…Non, je n’en serai jamais un,…Mais, vrai, je bois du sang humain…et je suis humain, de la même espèce humanoïde que vous…J’aime mon sang, le vôtre, celui de votre sœur ou de votre fils…celui de mon frère et celui de mon oncle…celui du quidam dans la rue à condition qu’il ne soit pas imprégné d’alcool ou de substance illicite…Vous voyez je suis dans la légalité…Enfin, tous… Tous les sangs me fascinent, me dégoûtent, m’enivrent: A+ ou O+ , AB+...Tous sans exception, me donnent une joie sans pareille ! Et Non je ne tue pas, je prélève, j’absorbe, je m’accroche un moment puis disparaît vous laissant hagard, hébété, plongé dans l’incertitude…tel un parasite. Une tique à votre vie parfaitement rangée vivant dans l’ombre de votre ombre, vivant par vous, grâce à vous, à cause de vous comme un mort-vivant…
Je n’ai aucun argument concernant, si je puis l’appeler ainsi, mon mode de vie…Je l’ai adopté comme vous commenceriez un régime… En fait, je fais erreur en employant le mot « adopter». Je devrais plutôt parler d’addiction…Au lieu de plonger dans l’héroïne, la cocaïne ou le LSD, moi c’est l’hémoglobine…» Il ne me laissa pas le temps de faire un petit exposé de ce que je pensais être la meilleure façon de vivre, sa voix de crécelle s’éleva dans le tribunal :
« Il semblerait que nous ne nous comprenions pas, monsieur, ce que vous faites est absolument horrible et c’est pour ces raisons que vous êtes jugé aujourd’hui… »
Son visage s’empourpra sous l’effet de la colère contenu, sa jugulaire pulsait et je percevais comme un appel ces petits coups donnés par le cœur gras de cet homme empâté, je frissonnais de plaisir à la pensée de mordre dans son cou flasque.
-…et c’est aujourd’hui qu’on rendra justice aux victimes...une plainte a été déposée contre vous, et vous ne semblez même pas nier les faits qui vous sont reprochés, la question aujourd’hui, oui aujourd’hui, n’est donc pas celle qu’on se poserait sur votre culpabilité mais sur votre état mental et si la justice doit vous rendre responsable ou non de vos actes, c’est pourquoi j’appelle à la barre l’expert psychiatre chargé de votre dossier. Faites-le entrer !
S’avance alors un petit homme sans âge, au cheveux grisonnants, le nez aquilin où se perchaient de petites lunettes rondes cerclées d’or d’un autre âge , il donnait l’air d’un intellectuel oublié du monde présent. Son aspect renforcé par un costard et un faux-col qui lui faisait un cou de girafe. Je sentais, du boxe où j’étais, le frémissement de ses sourcils, sa peur, ses mains moites s’accrochant comme des serres à ses dossiers, sa timidité face au gros juge qui jubilait déjà d’être en position de force.
Le juge le jaugea puis s’exclama d’une voie de stentor :
« Et bien, parlez ! »
D’une voix chevrotante il commença :
- Monsieur le juge, messieurs les jurés… vinrent ensuite tous les noms de la greffière au procureur, à croire qu’il prenait un malin plaisir à perdre du temps. Messieurs et mesdames, j’apporterai mon témoignage et le ferai sans omettre le moindre fait et dans toute la vérité, je le jure…Moi, Anatole, Elliot de Pompencourd, j’ai étudié avec la plus grande minutie le cas de Monsieur D, et je puis d’ores et déjà dire qu’il sera difficile de répondre si son cas est pathologique ou s’il est peut être considéré comme tout citoyen normal.
Les faits semblent indiquer que Monsieur mon patient n’en est pas à son premier forfait, il recenserait lui-même quelque mille cas car son « addiction » ,comme il l’a prénomme, aurait commencé il y a cinq ou six ans. Il était alors un employé modèle dans une société d’assurance. Plusieurs fois primé, il pouvait alors s’enorgueillir d’un bon salaire. Il n’avait ni femme ni enfant, et vivait dans un deux pièces confortable dans un immeuble ancien du centre historique de cette même ville. Monsieur D. était très « rangé», il avait ses petites habitudes, ses petites manies ; il allait le Lundi à quatre heures, après son travail jusqu’à la Croix St Laurent, prenait ses légumes au marché et rentrait à pied en faisant toujours le détours par le parc Joubert où il donnait, pendant un quart d’heure, à manger aux pigeons. Puis il rentrait chez lui, soit à pied quand le temps était au beau fixe, soit par le tramway qui desservait son quartier. Il passait sa soirée devant son poste de télé, tout en ayant préparé son dîner avec grand soin. Le Mardi , il finissait à 18 heures ; il rentrait directement et passait quelquefois chez sa vieille voisine boire le café ; c’est sa seule relation avec le voisinage. Homme affable et en rien prétentieux, il savait se couler parmi ses collègues de bureau sans subir les effets néfastes de la compétition acharnée qui se joue entre eux. Pourtant, il gardait une distance dans ses relations de travail, et aucun de ses collègues ne le connaissait vraiment. Son patron n’avait pas à se plaindre car il alliait efficacité, rentabilité, ponctualité sans jamais rien négliger ; il ne demandait jamais d’augmentation, ne prenait jamais de congé et n’était jamais malade ou, s’il l’était, faisait l’effort d’être toujours présent à huit heures tapantes, le costard repassé, la cravate impeccable, les cheveux coiffés et rasé de frais. Il n’avait pour ainsi dire aucun défaut, ce qui paraissait si incroyable que nombre de fois l’inspection du travail dut pour s’en assurer ouvrir des enquêtes. Monsieur D. avait une vie banale à ceci près qu’elle l’était peut- être trop.
Le mercredi, il finissait à 16 heures. Il faisait le même rituel mais passait cette fois par l’église Ste Marguerite où il allumait un cierge long et blanc, à Sainte Marie. Il dit lui-même qu’elle est la seule femme qu’il n’ait jamais admirée. D’ailleurs, il avait, lorsque il était jeune émis le souhait d’entrer dans les ordres. Cependant il ne se trouvait pas assez aimant de l’humanité pour essayer de sauver des hommes. Il l’exprime par les termes : « manque d’humilité, d’estime des êtres… » Monsieur D., nous en venons au plus intéressant, ne s’est jamais senti à sa place dans la société ; il méprise ceux qui s’en détachent mais fait lui-même partie de ces ermites modernes. Le manque de femmes ou même simplement de personne à chérir est un trait important du caractère de mon patient. On recèle la frustration que provoque cette absence. La question qui se pose maintenant c’est : Qu’est- ce qui a bien pu dérégler la machine bien huilée qu’était la vie de cet homme ? Quel choc a permis à la pulsion destructrice de s’éveiller, est- ce que sa « manie » ne serait pas le symptôme d’une névrose ? Pour essayer d’y répondre, nous devons parcourir le reste de l’emploi du temps de Monsieur. Le jeudi, il finissait à 19 heures, si fait qu’il ne restait plus beaucoup de temps pour les loisirs, tandis que le vendredi, Monsieur D. finissait à midi ; il allait alors généralement à la bibliothèque où ,dit-il, il travaillait sur une thèse qui portait sur l’ancien empire chinois mais surtout l’histoire de ses jardins. Le Samedi, Monsieur se promenait de huit heures à sept heures . Il visitait le parc Bois-duval à l’est de la ville, faisait quelques galeries de peinture pendant une autre paire d’heures et finissait sa matinée dans un musée. L’après-midi, il occupait son temps à parfaire son mémoire ou il utilisait les notes prises sur les différents sujets de la matinée. Le Dimanche, il allait à la messe, rentrait pour le midi et restait chez lui devant un plateau d’échecs ; quelquefois, il jouait avec Mme Mouffetons, la vieille voisine mais c’était rare car celle-ci recevait ses petits-enfants de quatorze heures à dix-huit heures. Monsieur est très au courant des horaires car les enfants font beaucoup de bruit en jouant. Il se trouve dans l’obligation de mettre la musique assez forte. En parlant musique, mon patient ne peut entendre que la musique classique, autant Mozart que Beethoven, Brahms, Wagner, Haendel, etc. il apprécie surtout la musique solennelle et pieuse, les musiques sacrées sont son répertoire de prédilection. Voici donc le portrait du personnage. On peut dire qu’il y a dans sa vie un manque de mouvement ; il vivait comme un vieillard procédant toujours de la même manière. Nous revenons donc à la question : « Quel est le déclic qui à transformé mon patient au point de l’amener ici même, au tribunal !».
Le petit homme s’arrêta de parler, le silence était religieux, je ne reconnaissais pas ma vie dans ce qu’il avait décrit ; je croyais même à celle d’un autre, rien ne me semblait plus fade que cette vie -là.
Mon client ensuite déclare qu’il avait eu une période de « transition » pour citer ses propres
mots. Le patron M.Gréville présent dans cette salle, constata d’abord de nombreuses fautes professionnelles puis lorsque ce Monsieur demanda des explications, il n’obtint qu’une détérioration de son comportement ; en plus des fautes, il accumulait les absences, les retards, de nombreuses plaintes de clients mécontents. Monsieur Anatole de Ponpencourd savait qu’il venait de réussir à captiver son auditoire. Le dit M.Gréville, empesé dans son costard bleu marine laissait dépasser du col un cou de taureau ceinturé d’une cravate bariolée d’un goût douteux, hochait la tête en signe d’accord. L’expert, de ce fait, venait de remporter une petite victoire face au juge, car c’était bien une bataille qui se jouait entre les deux hommes tout en regards enflammés et tics nerveux, l’un regardant l’autre comme des coqs de combat. D’une voix altérée par la satisfaction, l’expert continua : «Le médecin de travail alerté par M.Gréville vint ausculter mon patien,- nouvel hochement de tête de mon patron assis au premier rang-. Le médecin malgré le secret médical a tenu ces propos que j’ai eu la présence d’esprit de noter. Monsieur D. aurait commencé à développer un comportement très étrange à la fin de l’hiver ; il se plaignait d’insomnies fréquentes, de cauchemars terribles, dont jamais il ne se souvenait au réveil. Pris de crises de somnambulisme, il s’était retrouvé tout habillé dans le cimetière St Paul au nord de la ville sans se souvenir dans quelles circonstances il s’était retrouvé là. Il semblerait qu’il se soit déplacé inconsciemment pendant la nuit. Je me permets d’ajouter que Monsieur D n’étant pas encore pris par ses drôles de manie,s consentait à parler au médecin des troubles qu’il avait constatés lui-même. En plus des symptômes, Monsieur D se plaignait d’amnésie…etc
Puis un mois après l’auscultation, le personnage même fut complètement transformé comme si un démon l’avait possédé. M.Gréville ne pouvait plus le garder ; il fut donc licencié.
« Monsieur Anatole de pen…pencourd Non Ponpencourd ! Le juge l’interrompit, tout ce que vous nous dites là est fort intéressant mais pour aujourd’hui puisque nous savons déjà tout cela , aujourd’hui, nous voulons aller plus loin et répondre à la question initiale formulée aujourd’hui…Venez en au fait que diable, au fait !!! De nouveau rouge comme une pivoine, il n’avait de cesse de se gratouiller la barbe qu’il avait ridiculement petite sur le bout d’un menton large et flasque. Je le devinais lourd presque impotent mais animé de l’énergie et la vigueur qu’il y avait dans ceux qui aimaient la bonne chaire. Le petit homme garda son sang-froid, seule une veine palpitait sur son front, creusant une ride singulière en forme de « s ».
Il répondit d’une voix de maître d’école qui essaye de se faire comprendre face à un enfant récalcitrant, il détachait les syllabes et les articulait avec une telle ferveur que j’eu un instant de l’admiration pour cet humain rachitique :
Monsieur, Monsieur, Monsieur….Monsieur le juge, on ne peut pas déclarer comme cela qu’un être humain est fou sans avoir décrypté et analysé, le profil du personnage…Et c’est pour que la justice, cette si belle justice que vous prétendez rendre, soit digne d’un tribunal,qu’ il faut que tous nous ayons la possibilité d’acquérir le plus d’informations possible ! Ainsi nous pourrons juger, Monsieur, dans le plus grand respect de la justice et avec un regard nouveau empli d’impartialité afin d’apporter le meilleur soin au devoir qui nous est imparti….
- Monsieur l’expert J’entrevois aujourd’huivotre esprit chevaleresque tout à fait paradoxale à vos propos si grandiloquents, car je vois que ni plus ni moins votre patient a déteint sur vous et vous a rendu totalement complice et même si empathique à sa situation que je ne serais point étonné de vous voir à sa place dans le boxe des accusés pour les mêmes chefs d’inculpation !
Le petit homme indigné ne savait plus où se mettre, il répliqua :
-Oh ! Monsieur le juge, je ne sais ce qui vous prend mais je vous dirai plus grandiloquent que moi, Je suis un expert psychiatre réputé dans tout le pays, et mes livres sont lus dans le monde entier. J’ai traité de bien des cas, bien plus horribles et infâmes que ce faux buveur de sang ! Cette cour de justice est indigne d’être appelée ainsi ; on se croirait à la Cour des Miracles, tous des saltimbanques déguisés en magistrats, je n’apporterai pas un mot de plus à ce simulacre de procès et vous Monsieur le Juge vous entendrez de mes nouvelles, j’ai le bras long ! Vous savez, j’ai le bras long !!! s’écria-t-il.
Il sautillait comme un moineau, son doigt pendu à un bras d’une longueur inhabituelle, je le détaillais, lorsque celui-ci surprit mon regard, le sien était perçant deux billes noires enfoncées dans leurs orbites ; je sentis que son départ précipité lui était dur, que mon cas était pour lui un mystère et que s’il avait discouru pendant si longtemps sur des faits déjà relatés, c’est que d’une part que comme il l’affirmait, il ne comprenait pas vraiment mes manies et de l’autre, c’est qu’il avait entrevu un problème plus délicat que la seule question de ma responsabilité. Dans un nuage de feuilles échappées de son dossier, Monsieur Anatole de Pompencourd disparut en claquant la porte.
Le juge qui sous les insultes s’était à demi levé de son siège, s’affaissa lourdement faisant craquer les jointures du vieux fauteuil. Son visage s’éclaira d’une sérénité curieuse il lui semblait que sans le petit homme en face il n’avait plus à s’inquiéter d’un duel notoire. J’eu l’impression curieuse de ne faire partie que de la musique de fond d’un film de western. J’avais presque envie de secouer le magistrat pour qu’il revienne à moi. Enfin il déclara :
« Puisque qu’aujourd’hui nous avons eu droit à l’histoire complète, je vais appeler à la barre, les témoins . Faites entrer le premier ! Le brouhaha s’éleva particulièrement ; énervé, le juge s’écria : Silence dans la salle ou je la fais évacuer !
Le premier témoin se montra au bout de l’allée principale ; un flic lui appuya une main sur l’épaule pour le rassurer et l’obliger à avancer. L’homme était vieux, ses cheveux rares et blancs étaient posés autour de sa tête comme une auréole ; je ne l’avais jamais vu.
Le Juge repris une fois que l’homme d’une démarche claudicante eût atteint l’estrade :
« Monsieur Isaac Groosminitsch je présume ?
-
Oui Monsieur,lui répondit-il d’un murmure tremblotant.
-
Vous savez que votre devoir, comme tout citoyen, est de dire toute la vérité, rien que la vérité, sans rien omettre ni ajouter à la vérité ?
-
Oui Monsieur, répéta avec plus de conviction le vieillard.
-
Dites : Je le jure !
-
Je le jure sur la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, ajouta - t-il avec empressement.
-
Bien. Faites nous part de votre déclaration, aujourd’hui la cour vous écoute, elle vous entend et prendra en compte tout ce que vous direz et jugera avec le soin qu’on lui confère aujourd’hui.
Le petit homme commença en empruntant la voix du juge :
« Bien, alors Monsieur vous savez que de nos jours, les petit’gens comme nous et vieux en plus on a plus ben d’occupation. Alors on se promène, on joue avec les vieux d’not’quartier, à la belotte le Dimanche…Le juge posa son coude sur la table et enfonça sa paume dans sa joue lui donnant la mine d’un Pitt bull ; on voyait qu’il désespérait d’en finir.
-mais aussi dans la rue, je voyais souvent ce monsieur -là, il me désigna d’un doigt déformé par l’arthrite, il allait à l’église, il paraissait gentil surtout pour son âge. Puis je l’ai revu là,
il avait pas le même masque, c’était celui d’un démon, un visage de diable, il m’apparut comme ça au coin d’une rue puis il s’envola et disparut comme par magie, je vous dis c’était le diable…
Le magistrat sursauta :
« Vous dites « disparu », comme ça par magie ?
-Comme j’vous le dis M’sieur, disparu, envolé, Pschht !!!
-C’est une aberration ! répliqua le procureur général qui ne s’était pas du tout manifesté depuis le début du procés.
-J’vous le dis, Là il est tout à fait normal mais l’au’tfois il l’était pu ! Ah non, pu du tout !
-En quoi ce témoin est-il nécessaire ? demanda le procureur, il ne nous aide en rien !
Le soi-disant témoin roulait des yeux ronds comme des billes, heureux de raconter ce qui semblait lui paraître l’histoire la plus folle qu’il n’ait jamais vécu.
Il en était à hurler que j’étais l’essence de Satan quand les policiers l’embarquèrent pour le jeter dehors ; la porte claqua de nouveau.
« SILENCE !!! S’époumona le juge en faisant claquer son marteau. Lorsque la salle se fut enfin calmée, il reprit :
« Bien. J’appelle à la barre, le deuxième témoin, Mme Mouffetons. Je ne pus m’empêcher de sourire en voyant la petite femme replète, ses cheveux gris retenus en filet, son visage jovial enjolivé par deux grands yeux bleus qui n’avaient rien perdu de leur jeunesse ; elle s’avança lentement, à petit pas ; elle me regarda et je compris qu’elle ne comprenait pas vraiment ce que je faisais là ; c’est vrai qu’à cette heure j’avais le devoir de m’attabler à sa table devant un thé noir Twinnings ; elle était anglaise. Son mari, français, lui avait donné son nom ; on dit même que son histoire est digne d’un roman. Elle appuya sans prétention ses petites mains sur la barre puis dit :
« Monsieur le juge, j’ai appris l’arrestation de Monsieur mon voisin et j’avoue qu’elle me fait bien de la peine ; il est de compagnie tellement agréable. Il sait tellement de choses. Monsieur, c’est un homme très cultivé surtout pour ce qui est de l’histoire, on croirait qu’il l’a vécu…
Je sais ce qu’on lui reproche, de jouer à Dracula la nuit tombée…Pourtant, je vous assure, il ne craint ni l’ail, ni les croix et il n’a jamais tué personne ! elle parlait avec ce drôle d’accent qui lui venait de son Yorkshire natal .Mon cœur se réchauffa au son de cette voix ; j’avais presque le sentiment d’être près de ma mère, elle est morte il y a si longtemps maintenant !
-Madame, demanda le juge, vous semblez être la seule personne qui connaisse bien l’accusé,
et j’aimerais savoir si à l’instar de l’expert, vous concédez que Monsieur D. s’est transformé il y a quelques années?
-Oui, bien sûr qu’il a changé !
-Paraissait-il dangereux, connaissiez- vous ses activités de noctambule ?
-dangereux ? Non il était même mieux, moins taciturne, plus drôle ! Comme si on lui avait rendu la vie…Oui, je connaissais aussi ses sorties, vous savez à mon âge on a le sommeil léger…Il était accompagné d’une jeune femme quand je l’ai vue, elle riait. J’étais bien heureuse de le voir en charmante compagnie…Cependant après que celle-ci fut montée dans un taxi et partie, il ouvrit la porte et sa chemise au niveau du cou était tachée de sang, j’ai eu peur qu’il ne soit blessé quelque part mais il sifflait gaiement alors je n’ai rien dit…
-Cela ne vous a pas plus intriguée que ça ?
-Oui bien sûr, le lendemain je suis allée le voir et nous avons discuté et…il m’a raconté, j’ai compris…
Il y eut alors un chuchotement indigné dans la salle.
« Qu’entendez- vous par "avoir compris" ? Le juge lui non plus, ne comprenait pas, il fronçait les sourcils d’un air curieux.
-Monsieur le juge, je ne saurais décrire ce que j’ai ressenti en l’écoutant, mais vous savez je me suis rendu compte que je l’aimais comme un fils, alors ce que j’ai ressenti et bien c’était de la compassion…Les gens dans la salle sifflèrent, hurlèrent des chapelets d’injures, j’avais envie de les massacrer tant j’étais peiné pour elle.
Le juge réclama de nouveau le silence puis il permit après quelques autres questions pour confirmer les propos précédents, de laisser Madame Mouffetons s’en aller. Elle ne paraissait pas ébranlée par ce qu’elle entendait ; elle avait dit avec simplicité ce qu’elle pensait, aux autres de le prendre comme ils voulaient.
Lorsque elle eut quitté la salle, je fus soudain las ; je me demandais combien de temps j’allais tenir cette promesse, je savais qu’il était nécessaire pour moi-même de me confronter à eux, mais c’était plus dur que je ne l’imaginais.
La salle tout d’un coup s’était tue ; le juge se gratta de nouveau le menton, lissa les manches de sa robe ;
il semblait que pour tout le monde, il réfléchissait aux enjeux de l’affaire. Moi, je savais bien qu’il n’en était rien, son regard contrit et la rougeur qui lui montait aux joues en disait long
sur les fantasmes érotiques qui le taraudait surtout depuis qu’il louchait sur le corset de Mme la greffière ; il reprit contenance, il se rappela de l’endroit où il était et reprit d’un ton
monocorde :
« Donc, nous voilà confrontés aujourd’hui à un cas des plus singuliers, et s’l n’y avait pas eu de plainte, l’accusé aurait continué sans être inquiété par la justice. Donc, aujourd’hui j’aimerais réentendre la plaignante ! »
Mademoiselle Ester Waluncay qui n’avait pas soufflé un murmure depuis qu’elle avait témoigné à la barre, sursauta sur son banc ; elle se leva en vacillant comme si elle venait de s’éveiller et marcha aussi lentement que la vieille Mme Mouffetons, exaspérant une fois de plus le gros juge.
« Mademoiselle, vous avez omis de nous raconter comment vous avez rencontré l’accusé ?
-Je…
-Allons, parlez aujourd’hui, aucun mal de sa part ne vous sera fait…dit le juge d’une voix conciliante.
-C’est…
-Oui ?
-Je crois que la première que je l’ai vu…euh…J’étais ivre…
-Ah ! vous vous en souvenez cependant aujourd’hui ?
-Bien sûr, des choses comme ça, même dans la demi inconscience, ça ne s’oublie pas. Répondit-elle avec plus d’assurance.
Je savais désormais que mon plan marchait plutôt bien.
La fille me fixa, je lui rendis son regard ; elle détourna la tête comme gênée.
Le juge de nouveau s’impatientait, il tapotait la table méticuleusement :tic,tictic, tic…
« Mademoiselle ?
-Il m’a invitée à prendre un verre et nous avons discuté…
-Hein ? Mais vous avez dit que vous étiez ivre…
-Pas assez pour prendre un dernier verre…
-Vous faites partie des Alcooliques Anonymes…N’est -ce pas ? Tonna la voix crissante du procureur. Je crus qu’elle allait défaillir, mais elle se reprit.
-Monsieur, je ne sais si cette information vaut la peine d’être dite, mais sachez que je ne suis plus accro à la boisson ! S’insurgea –t-elle.
-Pitoyable remarque Mademoiselle, vous dites vous-même que ce soir là, vous étiez grisée, vous auriez pu inventer toute cette histoire, rien que pour être la vedette d’un nouvel opus de Dracula !
Le juge qui pianotait toujours des doigts, tapa avec son marteau ,interrompant ainsi le duel.
« Monsieur le procureur, laissez cette jeune personne s’expliquer ; nous verrons après s’il y a des incohérences dans son récit, aujourd’hui nous faisons la justice et la justice écoute tout le monde ! Discourut -il, paternaliste.
-
Monsieur le juge, commença la jeune Ester, je dois vous avouer, je trouvais cet homme très plaisant, il était poli et séduisant ; il m’a fait l’effet ce soir là, de ces gentilshommes d’antan, qui courtisaient les demoiselles et leuroffraient des poèmes et des fleurs…
-
Continuez.
-
et, vous voyez, je rentrais du boulot, où j’ai quelques différents avec mes collègues de sexe masculin, alors lui, c’était…reposant.
-
Seulement…
-
seulement…Et bien il proposa de me raccompagner j’acceptais car il était tard et le dernier métro était passé. Il me fit monter dans une décapotable BMW noire, je ne sais plus la marque, et puis il suivit le chemin que je lui indiquais ; arrivé devant l’immeuble, je croyais qu’il allait m’embrasser car il se penchait de même manière mais tout d’un coup, d’une force herculéenne il posa sa bouche sur mon cou…et…je sentis une douleur atroce puis…enfin il m’a mordue…
-Hum. Que voulez vous dire par « puis » ? Finissez votre phrase, s’il vous plaît.
-Je ne sais pas, l’émotion me fait perdre tout…langage. »
Ses yeux qui retenaient ses larmes depuis longtemps soudain cédèrent ; elle sanglota.
Je savais ce qu’elle ressentait ; je m’étais abreuvé d’elle comme si elle avait été moins qu’un animal, et c’était la première fois qu’elle refaisait confiance…Mais je refusais de croire qu’il n y avait que de la douleur dans cette acte solennel, sensuel, à la limite d’une relation sexuelle.
Au lieu de m’accuser, elle aurait du se montrer au contraire reconnaissante ; j’avais rendu sa soirée ratée, féerique, palpitante même inoubliable.
De nouveau, son regard croisa le mien, je compris qu’elle avait rendu les armes, quelque personne l’avait obligée à porter plainte, qui je ne savais pas, mais j’avais eu raison de sortir de ma tanière afin d’obliger cet infâme olibrius à se montrer.
Bien que je ne pense pas qu’il m’offre l’occasion de le débusquer aussi facilement.
Décidemment ce plan si simple était d’une efficacité redoutable.
Après quelques autres questions sans importance, elle repartit s’asseoir parmi le public non sans avoir oublié de tourner la tête de mon coté, son regard frôla le mien, je sentis qu’elle était déterminée, qu’elle avait vaincu sa peur de l’inconnu.
Un homme alors entra dans la salle par la porte du coté ; il portait un feuillet ; il alla voir la greffière, lui tendit le papier qu’elle attrapa du bout de ses doigts parfaitement manucurés. Elle parcourut la missive puis se leva, un murmure monta de l’assemblée. Elle s’approcha du fauteuil du juge, il lui chuchota quelque chose. Elle eut un bref hochement de tête puis retourna s’asseoir à sa place en faisant cliqueter ses nombreux bracelets et claquer ses talons sur le bois noir de l’estrade. Le juge, absorbé par la vision fugitive qu’il avait eu du décolleté de la mademoiselle, eut du mal à revenir au bout de papier. Il le lut rapidement, releva la tête au bout de quelques minutes ; le silence était de plomb, on entendit même les oiseaux chanter dehors. Puis il se leva et prit la parole :
« On m’informe à l’instant de la suppression de toutes les plaintes sauf une qui accusait Monsieur D d’exsuccion…Cependant, nous entendrons le dernier plaignant. J’appelle à l a barre Monsieur Hans Vingell.
-
Monsieur Le juge, je jure de dire toute la vérité rien que la vérité, je le jure sur le livre le plus sacré, la Bible.
-
Bien, répondit le juge, satisfait que son dernier plaignant ait enlevé les interminables préliminaires.
-
Monsieur, Je suis un expert en vampirologie…Le juge le regarda ; je sus que le pauvre venait de perdre toute l’estime qu’il venait juste d’acquérir. Bien sûr, pas un de ces piètres amateurs de fantastiques qui envahissent les torchons de presse à sensations fortes !
-Soit…
-
Oui, car depuis des générations nous cultivons dans ma famille ce métier.
Le bonhomme à mesure qu’il parlait devenait très intéressant mais moi je n’avais rien à y voir ; je buvais du sang mais j’en restais là.
-Continuez…
-Et je puis vous assurer que cet homme, bien qu’il cache son jeu, en est un ! »
Je bondis de ma chaise ; je voulus prendre la parole, mais le juge fit un geste et mes gardes me firent rasseoir.
« Mais…
-Conti…nuez dit-il dans un bâillement.
-Enfin, c’est évident, depuis des siècles il n’a pas changé d’un pouce, Nous avons ses portraits, ses actes détaillés dans un manuel, nombre de fois des chasseurs l’ont pris en chasse ; beaucoup d’entre eux ont été joués par lui. Il me montra du doigt, je fronçais les sourcils, je n’arrivais pas à le croire.
-Est- il réellement une créature qu’on appelle « Vampire »? Questionna le juge.
-Oh oui !l’homme souriait avec des airs de conspirateur, il est le plus rusé qui soit, tellement intelligent que même ceux de son espèces le craignent.
-Est -il dangereux ?
-Oui, il l’est, mais pas pour ses proies !
-Qu’est_- ce que vous entendez par là ?
-Il boit du sang mais ne tue pas.
-Pour quelles raisons ?
-D’après lui, à une époque, il disait qu’il y avait des crus qui ne se retrouvaient pas, et qu’au moins il fallait en profiter un maximum de temps…Il disait aussi qu’il n’aimait pas le sang trouble que donne l’angoisse et la peur, c’est un fin gourmet…
-C’est complètement n’importe quoi, je vis le jour, je ne crains ni les crucifix, ni l’ail, je ne vole pas ni ne me transforme en brume, le soleil me donne des couleurs. Je vous en prie, Monsieur le juge, faites cesser cette mascarade ! Je bois du sang, est- ce pour autant que je suis une créature surnaturelle ? Non ! La verveine est ma tasse de thé je n’ai commis que le pécher de trouver le sang meilleur que n’importe quels mets ! J’en suis devenu accro, et à ce que je sais, il n’y a pas d’association d’Hématophiles Anonymes ! Je l’aime comme on aimerait une drogue…Et je…n’ai pas le pouvoir de m’arrêter ! Mais JE SUIS UN HOMME !!!
Hans Vingell me regardait sans comprendre, d’un signe le juge lui demanda de me poser des questions.
« Alors comment expliquez -vous qu’il vous soit si facile de vous nourrir ?
-J’ai de la méthode…
-Ah oui ? Mais comprenez mon étonnement, comment est- il possible que vous déchiriez pas la gorge de vos victimes ; si vous étiez un homme,vous arracheriez la moitié de la clavicule et encore, il faudrait y mettre une force des plus considérables…
-Je vous l’ai dit, j’ai de la méthode…
-Utilisez -vous un objet contendant ?
_N…Oui un couteau effilé…
Hans Vingell ,très sûr de lui, se tourna vers le juge.
-Monsieur, avez-vous une personne consentante pour faire le cobaye et démontrer à notre ami qu’il est loin d’être ce qu’on appelle un Homo Sapiens Sapiens , qu’il est plus de la race des noctambules qu’il veut nous le faire croire…
Le juge désigna on ne sait pourquoi : la greffière. Allait-il me demander de faire cela en public, n’avait- il aucune notion de pudeur ? J’étais dans un beau pétrin et je savais dorénavant quel était le détracteur de ma vie, cet imbécile de vampirophile loufoque !
-Je refuse…Vous n’avez pas le droit de me contraindre à faire ça !
Hans Vingell marmonna dans sa barbe : « Et bien c’est pire que ce que je croyais, les siècles ça l’arrange pas ! Heureusement que j’ai eu la présence d’esprit de faire un saut en France !
Il était perdu !
La greffière s’avança, pâle comme la mort ; j’examinais sans pouvoir m’en empêcher son cou frêle et gracile, d’un rose laiteux qui sentait un parfum très floral.
Les gardes m’emmenèrent hors du boxe ; je fis les quelques pas qui me reliaient à ma nouvelle victime. Même s’il y avait de nombreux témoins, la garde à vue m’avait soumis à l’abstinence ;je ne répondrais plus de mes actes et je le savais, au plus profond de moi une alarme sonnait.
J’arrivais près de la greffière terrorisée ; je fronçais du nez, le régime forcé m’avait trompé, elle puait le musc ou le hareng sort, ceci certainement du aux batifolages du juge ; elle suait l’angoisse et je n’aimais pas ça, son sang ressemblerait à de la poix…
Je fis « non » de la tête ; je suppliais l’expert de m’aider ; quelques minutes interminables s’écoulèrent et enfin il mit fin à mon supplice en demandant à la femme d’aller se rasseoir.
Il réfléchissait, semblait peser le pour et le contre. C’est alors qu’il déclara :
« Monsieur le Juge, je me vois profondément confus, je me suis trompé sur cette homme, il va de soi qu’il est de la même espèce que nous, Je me vois dans l’obligation de payer pour faux témoignages. Acceptez mes excuses pour vous avoir fait perdre votre temps…
Sur ces mots, il partit et me lança un clin d’œil qui me fit présager que je n’avais pas fini d’en baver avec cet Hans Vingell !
Le reste du procès fut seulement pour déterminer s’ il devait vraiment yavoir une inculpation, jusqu’à ce que le dernier plaignant se rétracte. Après, une guerre entre les magistrats et la partie civile qui n’arrivaient pas à se mettre d’accord : Les uns disant que j’avais fait des aveux qui suffisaient à m’inculper, les autres voulant conclure au plus vite à un non lieu. Alors qu’ayant une dernière fois pris la parole, je me rétractais aussi après une longue délibération, on m’en tint pour une amende et je fus libéré.
Lorsque je sortis, il faisait nuit car nous étions en décembre, de la neige pluvieuse dégringolait d’un ciel noir encre…
J’essayais alors de mettre les choses au clair. J’avais essayé, de même que l’expert Anatole de Pompencourd, de comprendre le déclic qui avait provoqué ma descente aux enfers ou disons plutôt au paroxysme de la jouissance, à la plus grande des félicités, celle de se sentir vivre au travers des autres hommes, d’être comme un nouveau-né dans son liquide amniotique, flottant dans la vie des gens, provoquant le bonheur…
Je sais qu’un jour, ou plutôt une nuit, je reçus une lettre m’annonçant assez mystérieusement qu’on me volait mon territoire ; je me disais, qu’il était curieux de parler de territoire, d’autant que je louais une chambre. Puis vint un autre courrier, celui là était un mot d’excuse « pour vous avoir importuné » et que j’étais le plus terrifiant de tous les monstres. Les jours qui suivirent, je trouvais une femme dans mon appartement qui disait avoir passé une nuit formidable ; je l’ai mise à la porte. Puis, au boulot, deux de mes collègues étaient malades, ils souffraient d’anémie. C’est à ce moment -là que je compris que j’avais une personne qui se servait de ma vie pour faire ses inepties, notamment boire du sang. Cet horrible salaud m’en fit tant boire que j’en devins incroyablement accro.
Je fis quelque pas, L’expert psychologue m’attendait engoncé dans sa veste d’un autre âge ; il me dit : Monsieur , je vais être directe avec vous, et ne pas aller par quatre chemins en vous disant que vous commencez un début de schizophrénie, vous êtes…
Je ne lui laissais pas le temps de finir car je compris que ce que je fuyais et que j’avais essayé de vaincre au tribunal, c’était moi-même, vampire de son état…un suceur de sang qui avait tellement vécu que les menaces naturelles qui faisaient disparaître les morts vivants, sur lui n’avaient plus lieu. Seul l’ennui et une existence empesée par la solitude pouvaient venir à bout de ces êtres contre nature… Le sage petit homme sautillait sur le trottoir, il promettait de me guérir par des séances, il ne voulait pas perdre l’occasion d’un nouveau client, d’autant que celui-ci était marqué du sceau de l’étrangeté. Je ne lui en voulais pas, grâce à lui, je me reconnaissais de nouveau habillé de cette si ancienne peau, le jeu avait duré le temps d’une décennie je n’avais plus qu’à jouer un autre jeu. Mais pour l’instant au café d’en face Ester m’attendait.
Pierre Mallet: On reste sur sa faim je trouve...mais peut-être que cette nouvelle annonce une grande
histoire??? ^^
En tout cas dans l'ensemble, j'ai bien aimé, j'ai trouvé ça original et cela conserve une certaine fidélité au mythe du vampire! J'aime aussi beaucoup les noms de famille de tes personnages,
certains me font bien sourire. ^^
Rousseaux Alexandra:bon... malheureusement tu n'arrive pas à sortir des vampires, de tous ce qui
est morbide, j'aimerais comprendre? cependant c'est très bien tourné et bien exprimé, je pense que tu commence à flairer la vraie liberté, tu t'en sors très bien, tu veux que je te dise c'est
très bien et continu comme ça..
je n'ais q'un seul reproche à te faire c'est les phrases beaucoup trop longue, mais ça va tu t'en tire pas trop mal!! tu vois je l'ai lu et j'ai même pris le temps de regarder les fautes
d'orthographes (tu fais des progrès, je te félicite!!).
Rousseaux ines
La sensation la plus importante que j'ai eu en lisant, c'est celle d'y être en tant que témoins. Peut-être est-ce cela que tu recherchais et si
c'est le cas, c'est très réussi! J'ai eu l'impression de voir les personnages, c'est à mi chemin entre le fait de les voir en bande dessinée ou celui d'être pris soi-même dans un scénario de
film. Le fil conducteur est bien mené, on ne s'ennuie pas et il n'y a pas de longueurs littéraires. Le rythme est rapide, peut-être parfois un peu trop....un petit manque de "pause". Après, ça
peut venir de la forme ce genre de chose (mise en page et alinéas....). Au niveau du vocabulaire, cela revient à ce que je disais en premier: c'est très vivant et parlant! Peut-être parfois,
les tournures de phrases ne sont pas très claires mais c'est rare...(je parle de celle qui ne sont pas comprises dans le style!) (il reste encore quelques fautes d'orthographe....bouhhhhh
lol)
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire et je pense qu'il faudrait que tu nous écrives un acte 2!!! (pas forcement la suite mais ce peut être la même histoire sous un autre angle de vu........) En
fait, on a envie d'en savoir plus sur tout ses personnages, ils titillent notre curiosité et on reste sur notre faim....
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